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Stone Angel - Air Frais

par lou 17 Janvier 2010, 16:59

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Je suis difficile sur le folk. Pour satisfaire à mon goût, il doit conjurer des visions de campagne endormie sous la neige, une sorte d’identité pastorale. Avec un Pierrot assis sur un coin de lune, qui vous chante une complainte en gaélique. Le genre de musique qu’on pourrait s’infuser en marchant sans but, le long d’une route glaciale. Loin de tout, et surtout de ce monde. L’album de Stone Angel correspond tout à fait à cette description. Gorgé de saveur forte amère, puissante et fragile à la fois.  Peut-être mon origine auvergnate qui réagit, les racines attirent probablement les racines. Fuzzine a rencontré le  guitariste du groupe pour en savoir un peu plus.

 


Laurent : Présentation à nos lecteurs. Comment êtes-vous devenu musicien ?

 

Ken Saul : Je chante et joue de la guitare, ainsi qu’un peu de dulcimer et de cittern (mandoline à huit cordes) dans Stone Angel.  Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours chanté. Beaucoup de membres de ma famille étaient musiciens, j’ai toujours baigné là dedans. Ma mère chantait dans la chorale de l’église locale, une de mes tantes y jouait de l’orgue, et une autre du violon. Ma sœur pratiquait le piano, elle a tenté de me l’apprendre, mais je n’étais pas très bon. À 14 ans, j’ai commencé la guitare, ce qui me semblait naturel.

 

L : Premières influences.

 

KS : Ma toute première influence en tant que guitariste fut Hank Marvin et les Shadows.  J’ai rejoint un groupe à l’école, avec des amis, au départ pour jouer des reprises des Beatles et des Rolling Stones. Ensuite, pour des choses plus rock comme Hendrix ou Clapton. J’ai aussi commencé à écouter du folk, Simon And Garfunkel et surtout Pentangle. Et d’autres trucs, les Moody Blues, Jethro Tull. Ça a continué quand je suis entré aux Beaux Arts, et ai commencé à fréquenter les clubs de folk.

 

L : Parlez-nous de votre premier album solo en 1971 (Seashells, rare pressage privé).

 

KS : À cette époque, je jouais de la guitare acoustique, et écrivais mes propres chansons. L’ami qui avait été le batteur dans mon groupe d’école, travaillait dans un studio du coin, et j’ai commencé à faire quelques sessions occasionnelles.  Dès qu’il y avait un peu de temps libre, j’essayais d’enregistrer mes morceaux. J’ai réussi à avoir assez de matériel pour un disque. Je ne pense que c’était très bon, et peu d’exemplaires sont sortis, dans mon coin.

 

L : Comment tout cela a-t-il abouti à Midwinter, puis à Stone Angel ?

 

KS : Je donnais un coup de main à l’organisation du club de folk de Great Yarmouth. Et avec mon pote guitariste, Paul Corrick, nous envisagions de jouer quelque chose pour la fête de Noël. Nous avions invité la chanteuse Jill Child, et sa performance a été si bien accueillie que nous nous sommes décidés à continuer ensemble. Midwinter est né de là. Pendant les deux années suivantes, nous sommes restés résidents dans ce club, ainsi que dans d’autres et des festivals. Quand Jill est parti pour le collège, Paul et moi avons formé Stone Angel, avec d’autres amis de Yarmouth.

 

L : Les deux disques étaient des pressages privés. C’était délibéré ? Comment se sont passés les enregistrements ?

 

KS : Midwinter a été enregistré dans un petit studio local. Au départ, c’était simplement une démo, pour trouver des concerts. Il est sorti sur Kissing Spell en 1993, vingt après sa conception. Heureusement, j’avais conservé les masters originaux. Avec Stone Angel, nous attirions de l’intérêt par nos concerts, mais sans penser du tout à signer un contrat. Nous avons décidé de financer un enregistrement nous-mêmes. Ce qui a été fait, très basiquement, dans le studio d’un collège de Norwich. L’ingénieur du son et producteur était notre ami Eddy Green. Mais le pressage final nous a déçus, par la qualité du son.

 

L : Vous viviez de votre musique ?

 

KS : Nous avons joué un nombre incroyable de concert, à ce moment-là. Principalement, dans l’Est, et aussi partout en Angleterre. Partout, dans les arrières salles des pubs,  jusqu’à des endroits plus grands, comme le West Runton Pavillion. Bien que nous ayons espéré en vivre, nous étions seulement semi-professionnels.

 

L : Écouter votre musique donne toujours un sentiment de fraîcheur. C’est la magie du folk.

 

KS : Question intéressante. À l’époque, nous ne pensions pas de cette façon, mais nous aimions ce que nous faisions, et ça s’entend. Mais oui, je suis d’accord pour dire que le folk a sa part de magie. La musique dont vous vous sentez faire partie, qui vous titille la moelle quand vous l’écoutez.

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L : J’ai entendu parler de Stone Angel, vers 1995, à l’époque de la réédition Kissing Spell.  Vous aviez un bon retour ? 

 

KS : Cette réédition a attiré l’attention de gens qui n’auraient jamais entendu parler de nous. Nous avons soudain découvert que nous avions des fans à travers le monde. Pas seulement en Europe, mais en Orient et aux USA. Ce qui a été très intéressant, et touchant aussi, c’est le nombre de musiciens folk actuel qui nous cite comme influence, dans leur travail d’aujourd’hui.

 

L : Vous êtes toujours dans la musique ?

 

KS : D’une certaine façon, Stone Angel n’a jamais cessé de faire partie de nos vies. Nous étions réduits à un trio à la fin des années 70, et avons refait surface, avec une autre formation, au milieu des années 80. Notre formule actuelle joue régulièrement depuis l’an 2000, et nous avons réalisé trois albums. Le concert du 35e anniversaire a eu lieu récemment, à Norwich, et nous espérons réaliser un autre disque en 2010.  J’écoute beaucoup de choses, pas seulement du folk, mais aussi du classique. Récemment, c’était beaucoup de musique scandinave. Le groupe suédois Garmarna, par exemple.

 

L : Que pensez-vous du téléchargement (légal ou non). Ça peut aider un musicien, ou ficher sa carrière en l’air ?

 

KS : Je n’ai pas une grande expérience de la chose. Il y a le pour et le contre. Certainement, ça aide la musique à être accessible à beaucoup plus de monde. Mais vous vous demandez pourquoi qui empoche le fric. Ayant dit ça, je connais beaucoup d’artistes qui utilisent cette méthode, pour contrecarrer l’emprise des maisons de disques.

 

L : Qu'est-ce qui pourrait vous ramener sur la route, avec votre guitare ?

 

KS : Nous aimons toujours jouer, bien que nous ne voyagions pas énormément en ce moment. Pas sure de pouvoir vous donner une bonne réponse.

 

 

Laurent.


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