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The Barracudas - Entretien avec Robin Wills

par lou 12 Mars 2010, 14:35

La Croisade Ultime

http://punkmodpop.free.fr/photos/barracudas_pic.jpgBoy Georges au poteau, Duran Duran dans le goudron et les plumes, les programmateurs radios pendus aux tripes de Bon Jovi, voila en gros les années 80 comme on les rêve. Sans oublier la rock critique vichyste, jamais en retard d’une collaboration, qu’on verrait volontiers tondue. Tout le monde vous dira que la réalité était un peu différente. Mais que les Barracudas ont, dans leur coin, sainement œuvré, pour la reconnaissance du rock en tant qu’art majeur, alors que la mort synthético n’importe quoi emportait tout. Robin Wills était leur guitariste, et le vieux démon ne l’a pas lâché. Mieux, il cite en référence ce que la France a produit de meilleur. Rencontre avec un pur et dur.

 


Fuzzine : Commençons avec le début de votre aventure musicale.

Robin Wills : J’ai acheté mon premier disque, avec mon argent de poche en 1966. À sept ans, j’avais un EP d’Éric Burdon and The Animals, Good Vibrations, et un troisième. Peut-être un EP d’Association. Ma sœur, un peu plus âgée que moi, écoutait les Beatles. Mais je faisais de mon mieux pour écouter des trucs différents des siens. Dieu seul sait pourquoi j’avais choisi ces trois disques-là. Ils étaient juste là, dans le magasin, je n’y connaissais rien. Après, je suis passé à la musique militaire, et aux musiques de film (principalement la guerre et les westerns), mais suis revenu au rock avec Mungo Jerry et Creedence Clearwater Revival. J’ai commencé à acheter des 45 tours sérieusement en 1970.

 

F : Avant les Barracudas, vous avez joué avec un Suisse nommé Lou Chrysler.

RW : Lou Chrysler… c’était en 1975. Un groupe de rock revival, avec trois guitares. Lou était en fait Léo Zouridis, à l’époque le mari de ma sœur. J’étais le second chanteur, faisant principalement des chœurs, mais parfois je chantais lead. Je ne pense pas avoir fait plus de trois concerts. Après, j’ai tenté de monter des groupes, sans succès, en jouant de la guitare. Mais je connaissais seulement quelques accords. J’essayais de jouer Slow Death, Money, et Baby It Don’t Matter du Sir Douglas Quintet.  C’était… bizarre.  Je suis alors rentré en Angleterre, et ai rejoint les Unwanted. C’était en 1977.

 

F : À grands groupes, grandes légendes. Il parait que quand vous avez rencontré Jeremy Gluck, vous avez joué aux fléchettes pour vous décider sur un style musical. C’est du pipeau ?

RW : Absolument n’importe quoi. Jeremy serait tout juste capable de se planter une fléchette dans le pied, ou de se crever un œil. Et encore, un jour de chance.

 

F : Dans le même registre, j’ai entendu dire que la première fois qu’il a débarqué à Londres, il trimballait sa planche de surf.

RW : Encore une ânerie totale. Vous avez lu ça où ?

 

F : Les Barracudas étaient très populaires en France, vers 1983. Vous avez même produit un groupe de chez nous.

RW : J’en ai même produit plusieurs. D’abord la compilation Snapshot avec Chris Wilson, 10 groupes français en un mois, le pied. C’était le premier enregistrement des Calamités, et j’ai fini par avoir deux enfants avec Caroline, la bassiste. Après, j’ai produit les Surrenders de Toulouse, les Provisoires, quelques groupes suisses comme les Needles et les Maniacs, et d’autres encore.

 http://punkmodpop.free.fr/photos/barracudas_pic2.jpg

F : Vous considériez-vous, à l’époque, comme ceux qui allaient sauver le rock ?

RB : On prenait ça comme une croisade. Il y avait nous, les Dogs, les Fleshtones et les Real Kids. La France était une terre d’accueil, ou nous pouvions jouer et faire passer notre message. À part la scène trash qui débutait à Londres, l’Angleterre était un endroit atroce. Scritti Politi et les étudiants qui se la jouaient artistique. Beurk !

 

F : 1965 Again est un hymne aux années 60 (l’intro style Phil Spector, les paroles). Vous étiez déjà collectionneur à l’époque ?

RW : Je collectionnais depuis 1970, et à partir de 1972 j’ai commencé à acheter des singles des années 60 dans les marchés aux puces. Je recherchais des trucs simples, qui vont directement à l’essentiel. Comme les Pretty Things, les EP’s francais des Standells, d’Action, des Birds anglais. Tout ça pour l’équivalent de deux ou trois euros. En 1976, j’ai revendu une bonne partie de ma collection, chez Rock On, à Londres.

 

F : Comment avez-vous rencontré Chris Wilson ? C’était une sorte de rêve qui prenait forme ?

RW : Effectivement, pour un gros fan des Flamin Groovies, c’était le Graal. Il est venu nous voir jouer au Hope&Anchor, et nous a rejoints pour le rappel. Puis il est resté.


F : En écoutant I Want My Woody Back j’entends une grosse influence des Who. Exact ?

RW : Jeremy était un grand fan des Who. J’aimais la guitare et les accords de puissance des premières chansons. Mais mon amour profond, c’était Who’s Next, le premier album que j’ai acheté en 1971.

 

F : Très important. Où avez-vous trouvé cette pub au début de Summer Fun.

RW : Les séries Cruisin qui sont sorties dans les années 70. Elles se composaient d’émissions radios sixties, de différentes villes. Je crois que c’était le volume 1966 de Boston.

 

F : Le maxi sur Flicknife est moins mélodique, plus punk. C’était l’influence de Jeremy ?

RW : C’était nous deux. Et l’influence de Jim Dickson (le bassiste). Et le manque de budget. Notre réaction à avoir été sur un gros label, on célébrait le fait d’être libre et de pouvoir faire ce qu’on voulait. Takes What He Wants  a été écrit à propos de Steve Barnet, notre manager pendant la période EMI. Un arnaqueur et un branleur de première classe.


F : Vous avez entendu le Buffalo Bill de Jeremy Gluck ? Grand disque, mais totalement inattendu.

RW : Seulement de loin, pas ma tasse de thé.

 

F : Le groupe s’est brièvement reformé en 2005.

RW : On a enregistré un album sur NDN, dont je suis très fier. Pop The Balloon, en France, vient juste de sortir un single (400 copies) avec une reprise de Two Headed Dogs de Roky Erickson. La face b est Teenage Head, avec Roy Loney au chant. 2 Groovies pour le prix d’un. NDN s’apprête à sortir un mini album avec Nothing Ever Happens In The Suburbs Baby. Il y a six ou sept autres titres, essentiellement du live de 2005.

 

F : Sur You Tube, il a des clips de vous avec Roy Loney. Ça date de quand ?  Roy est facile à vivre ?

RW : Un vrai gentleman, un merveilleux chanteur. Ces trucs datent de 2004, à Paris. Je l’ai revu l’an passé à San Francisco, j’aimerais qu’il vienne jouer en Angleterre.

 

F : Parlez-nous de votre site (Pure Pop). Vous êtes fan de glam rock ? Vous pensez qu’une nouvelle vague de vinyle tuera le CD ?

RW : Mon premier concert fut Gary Glitter en 1972. Alors oui, j’aime le rock and roll, la simplicité et les morceaux qui accrochent. Le glam/glitter c’est beaucoup de rigolade. Et on en a encore tant à découvrir.  Les singles sont le format ultime. Les CD sont comme les cassettes, jetables.

 

F : Quel est votre disque le plus rare ? Celui que vous aimez le plus ?

RW : Mon single préféré de tous les temps est Slow Death. J’ai trouvé deux copies de l’orignal anglais, avec la pochette photo, pas la réédition de 1976. Celui que j’aime le plus…You Don’t Know par Ellie Greewich, sur Red Bird. J’aime la pop, le rock, les girls groups, le surf vocal, le powerpop, le bugbblegum accrocheur.

 

F : Que pensez-vous du téléchargement ?

RW : C’est utile pour découvrir des trucs, mais ce n’est pas une production. J’aime ce que pouvez toucher et sentir. Le vinyle est le format définitif, et le single est roi.

 

F : Vous écrivez et parlez le français. Vous connaissez quelque chose à notre rock ?

RW : Oui, et ceci à un nom, les DOGS.

Entretien mené par Othall et Laurent.

LIEN :

Site Pure Pop

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