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The Stooges - Fun House

par lou 10 Janvier 2012, 11:01

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51PLXUl2AlL._SL500_AA300_.jpgCLASSIC ALBUM

 

 

 

 

 

The Stooges - Fun House

 

 

 

 

 

 

Même Pas Mal!

 Les recoins les plus douloureux  de la mémoire s'agitent toujours au bon moment. Peut être vous souvient-il d'une atroce raclure de la variété française, ou il était question de putain d'envie de vivre.

Putain d'envie....de vomir.

Ou de mordre.

Mordre quand la société à décidé de vous casser les dents Mais qu'elle vous cavale au train, sans être foutue de vous rattraper.  

La plus juste approche d'Orange Mécanique. Ça vous inspire ou vous restez dans la cour des gamins ?

Le dieu du rock donna l'intellect à Soft Machine, la soul à Stax, et la sortie des poubelles à ces quatre malfrats.  Grands containers de sang noirci et de boyaux pourris/verdâtres. A eux de faire avec ce dont personne ne voulait. Combustion hendrixienne, morceaux radioactifs du second Velvet (ironie) concasseur modèle Captain Beefheart.

Paumés dans la fête foraine du quartier. Lâchés en liberté, face à un monde inconscient. Venez vous amuser sainement, jeunes gens de banlieue.

Nan, casses toi vieux con. Tes baraques crament, et toi au milieu. Pas encore de l'ultra violence maladive. Mais déjà une purge/purification/exorcisme par le souffre. Les punks anglais n'étaient que nihilistes. Seul le premier Damned avait le courage de racler la viande sur les os.

Fun House appuie sur les furoncles, fait gicler l'humeur, la purulence. Jusqu'à dézinguer l'auditeur dans un final où seule l’apocalypse a le droit de parler.

Le premier album était une vision simple, du garage survitaminée, avec ce raga de la mort lente.  Raw Power  se voulait un long cri de haine à vif,que Bowie rendit aphone. A qui le remixage d'Iggy conféra (si longtemps après) le charme d'un raid au napalm sur le Vietnam. Avec un tueur psychopathe/sniper consciencieux en guise de vigie. Juste de la folie ordinaire en relief. Implacable et vicieuse

http://mitchul.unblog.fr/files/2009/10/thestoogesstooges.jpgMais écoutez putain. C'est pas du concert de hier soir dont je vous parle. Dépassé le hard rock bluesy hérité des Yardbirds. Vous avez entendu Aerosmith récemment ? Steve Tyler a écrit (fait écrire ?) ses mémoires. Et qu'est ce qu'on a à battre ?

Les Stooges vivaient Runaway Train au quotidien. En dépassant tout le toutim des accords et des mélodies. Un disque qui vous fouille les poches d'une main. Et pelote votre copine de l'autre.

La rythmique qui cogne et la guitare qui coupe, tant d'autres nous ont fait le coup. Mais toujours avec la même recette. Sans vraiment y croire. Et surtout sans la bête Osterberg, occupé à se carboniser sur le devant de la scène. Le fêlé dangereux qui encaissait tout.

La basse psychique de Dave Alexander, cette graisse protectrice entourant le muscle.  

Et les décharges malsaines des frères Asheton. Caisses monolithiques de Scott. Martelant façon age de plomb, en feignasse économe.

Pour propulser la  guitare minimaliste de Ron, l'autre façon de dépasser les complexes d'une technique limitée. Mais pas limitante. Une balle dum dum, une seule. Et uniquement la où la douleur est la plus intense. Et vous regarder crever le bide en bouillie.   

La grosse boite des Complete Sessions est aujourd'hui hors de prix. Tant mieux, on a bien assez de problèmes avec le nucléaire. Un coup à ressortir mutant.

Ouverture totalement tordue sur l'univers psychédélique. Tel sera votre mantra. Pour déconstruire, brouiller les pistes. Faire monter la pression de la casserole. Et laisser sa gueule devant au moment de l'explosion.

Même pas mal, la preuve j'me sens bien/I feel allright. Steve Mackay et son saxophone en or liquide.  Pour finir de bousiller la conscience collective. L'inconscience individuelle, qui consiste à se passer Fun House en boucle. Vous avez déjà fait un malaise ?  On émerge vaseux, avec tous les gens autour qui vous matent, en regrettant que le film finisse si bien. Tout l'album surjoue et  rejoue l'instant ou le mental décroche. Balises de la zone rouge.

Highway To Hell chantaient les gentils hardos d'AC/DC. Bien longtemps après que les Stooges eurent tracé la route paroxystique. L'héritage est toujours libre de droits, mais la boutique à  l'abandon. Pour le tiroir caisse, voir avec Led Zep et ses cours de marketing direct.  La bande à Angus gérait un petit commerce, la où Iggy et ses sauvages incorporaient l'enfer au mixage. Directement dans la console. On conseillera les deux premiers Ash Ra Temple, pour une approche similaire. Ou l'album de Morgen, et sa recherche d'un idéalisme paroxystique.

Disque au delà des mots, burn out permanent. Qui voudrait se munir d'un extincteur avant d'affronter la foudre ?
Laurent

 

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