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The Sun Blindness - Coup de Soleil

par lou 24 Novembre 2009, 11:07




La psychedelia contemporaine est décidément surprenante. Après les Black Angels, après Vibravoid, gens semant les graines de la conscience céleste sans se retourner, voici les Australiens de The Sun Blindness. Attention, l’addiction est dangereuse, et pourrait même vous rendre le sourire. Caractéristique de leur Like Pearly Clouds, une formidable propension à vous tenir en apesanteur, les orteils en éventail, et le parasol juste incliné comme il faut. Comme du bon Terry Riley, bien qu’ils se réclament d’appartenance beaucoup plus américaine. Leur musique coule tellement de source, que Fuzzine se devait d’éclaircir ce mystère.

 

Laurent : Présentation à nos lecteurs.

Tor Larsen : Personnellement, j’ai une grande affection pour tout ce qui touche aux années 60. J’aime les 13th Floor Elevators, Doors, Byrds, Grateful Dead, Beach Boys. Au début du groupe, en 2004, les Spacemen 3 étaient aussi une grosse influence. Ainsi que les plantes psychédéliques, comme la marijuana et les psilocybines. Quand le premier album a été enregistré, j’écoutais beaucoup un album nommé Begin par The Millenium. Et aussi des compilations comme Rubble ou Nuggets. Terence Mc Kenna (http://fr.wikipedia.org/wiki/Terence_McKenna_%28%C3%A9crivain%29) est le parrain de nos textes.

 

L : Vous venez d’un pays réputé dur, avec des groupes violents comme AC/DC. C’est un fardeau ?

TL : Dans un sens, oui. Nous jouons avec beaucoup de gens qui ont peu en commun avec nous, en terme de goûts musicaux. Mais la Terre étant ronde, je pense globalement, plutôt qu’en lignes imposées par la géographie et les états.

 

L : Une chanson est dédiée à David Crosby. Pourquoi ?

TL : La musique de ce morceau est librement inspirée d’une chanson de Crosby, nommée Triad. J’ai donc pensé que ce serait sympa de la lui dédier. Il l’avait enregistré avec les Byrds, qui avaient décidé ne pas la sortir, le sujet prêtant à controverse. L’album solo de Crosby, If I Could Only Remember My Name, a aussi beaucoup compté pour nous. Quel beau disque.

 

L : Vos chansons ont des titres très évocateurs et hédonistes. Vous pensez que le monde a besoin de respirer ? D’oublier la cupidité et de trouver une meilleure façon de vivre.

TL : Grosse question…….Pour ma part, je dis oui. Je suis très conscient que, globalement parlant, tout est pathétique. Il va y avoir un énorme changement dans la façon dont nous faisons les choses, et dont nous vivons. Pour éviter une catastrophe environnementale et culturelle. J’ai des sympathies anarchistes, et suis très intéressé par les idées de Terence Mc Kenna, Allen Ginsberg, William Blake (http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Blake) Hakim Bey (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hakim_Bey) Robert Anton Wilson (http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Anton_Wilson) Hunter S. Thompson et Jack Kerouac. Pour n’en citer que quelques-uns. 

 

L : Faites-vous partie d’une scène psychédélique dans votre pays ? Si oui, qui sont les autres groupes intéressants ?

TL : Je pense que nous le sommes, oui. Je vous encourage à écouter The Laurels, The Sand Peebles, Richard In Your Mind, The Dolly Rocker Movement……Il y en a probablement des centaines d’autres.

 

L : Votre musique ne s’attarde jamais en solos, ce qui est bien. Mais ne semble pas basée sur des percussions. C’est compliqué à refaire sur scène ?

TL : Oui. Pendant nos premières années de scène, nous jouions avec deux guitares électriques et ma voix. Ce qui était très éparpillé, et sonnait comme les Spacemen 3. Ces dernières années, nous avons ajouté une batterie et des claviers à nos concerts, pour rendre les choses plus intéressantes. Le son est différent, mais c’est nouveau et excitant. Notre batteur joue avec un kit très basique, il est plus un percussionniste. La principale différence avec le studio, ce sont mes vocaux. En studio, il y a beaucoup d’harmonies, en concert, je ne peux chanter qu’une partie à la fois.

 

L : À ce propos, vous faites beaucoup de concerts ? Il y a un élément visuel ?

TL : Nous jouons régulièrement, plusieurs fois par mois, autour de Melbourne. Nous avons des copies pirates de la plupart de ces concerts, et allons probablement les proposer en téléchargement sur Myspace, bientôt. Parfois, il y a des visuels sur écran, derrière nous, pendant que nous jouons. Une fois, c’était 2001 Odyssée de l’espace. Grandiose.

 

L : Vous connaissez la France ? On vous verra bientôt ici ?

TL : J’adore la France, et suis excité que des gens nous y connaissent. J’ai vécu à Montréal pendant un temps, il y a plusieurs années. Et j'ai fait un gros effort pour apprendre le français. On aimerait venir jouer chez vous, le problème c’est bien sûr l’argent.

 

L : Que pensez-vous du téléchargement. Légal ou non ?

TL : C’est inévitable. Nos albums étaient sur Internet plusieurs mois avant que nous ne les sortions en CD. Et ça a créé un énorme appel d’air. Nous avions donné l’autorisation de les poster sur plusieurs blogs majeurs. Ce qui nous a attiré beaucoup d’auditeurs, de par le monde. Quand les CD sont sortis, les auditeurs étaient principalement australiens. La disponibilité de la musique sur le net, gratuite, pas chère ou hors de prix est une bonne chose. Parce que la diversité des habitudes d’écoute est encouragée. Ce qui autorise une meilleure musique. J’ai téléchargé moi-même, et ai été exposé à un incroyable étalage de choses excitantes. Que je n’aurais jamais découvert autrement. Dans un sens, The Sun Blindness est le résultat de cette habitude de large écoute, que permet Internet. Une personne vivant en 2009 peut accéder à plus de musique que n’importe qui dans l’histoire de l’humanité. C’est une bonne chose. Que le fric aille se faire foutre.

 

L : Vous avez un nouvel album qui sort ?

TL : Il est prévu pour mars 2010. Le mastering vient juste de s’achever, et ça sonne bien. C’est un, peu plus acoustique, avec un peu plus de claviers, là où le premier était pratiquement uniquement de la guitare électrique. Il va s’appeler Far Arden, on a beaucoup travaillé dessus, de longues journées d’enregistrement, et de trips d’acide méditatifs. Je pense que c’est une progression naturelle, la suite de nos aventures.

 

L : Votre île déserte. Un disque, un film, un livre, une personne, un instrument de musique.

TL : Le disque, le premier Doors. Le film Walkabout de Nicholas Roeg. La personne William Blake. Le livre, Les Clochards Célestes de Jack Kerouac. L’instrument, probablement une guitare sèche.

Entretien mené par Laurent

LIEN :

http://www.myspace.com/thesunblindness

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