Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

VA / Psychegaelic - French Freakbeat

par lou 11 Mai 2010, 14:43

VA Psychegaelic – French Beat

Le Meilleur des Monde

 

http://moe.mabul.org/up/moe/2009/08/16/img-155002yd94n.jpgQuand le futur aura définitivement tourné au soleil rouge, brûlant, sans aucune pitié. Et que la poussière de nos carcasses sera évacuée, par des gnomes hideux, tous issus d’un réseau social à la con.  Venant d’un monde où le buzz fera la loi, alors que dans les écoles de communication, les trois accords seront une option parmi tant d’autres.

On célébrera la réussite facile. Le conformisme sera la norme, et le taux de rentabilité injecté directement dans les gènes. Interdite la gueule de travers, prohibé le cuir noir.

Quant à l’idée même de contestation, elle fera rire jusqu’aux nourrissons.

Aucun doute qu’une compilation comme Psychegaelic, objet basé sur une admiration sincère, un travail d’artisan au gros cœur, finira coulée dans du béton radioactif. Muré dans de l’acier massif, du plomb, du silence. Pensez une bande de losers des années 60.

Broyant joyeusement le dogme en vigueur alors (la niaiserie). Sales gosses branchés sur les Stones ou les Pretty Things, fracassant le beat sur un mur de silence total.

Certainement, l’intégrale des singles (on oserait imaginer ces lascars lâchés sur la longueur d’un album) ici proposés, coûterait une fortune à la collecte. Il est plaisant d’imaginer les zombies chineurs en trouver un, au fin fond d’un dépôt-vente, et coller un peu plus à son fantasme.

Celui d’une France enfin décomplexée par rapport à son rock. S’assumant. Sortant Albert Reisner dans le goudron et les plumes.

Cessant enfin de sentir la variété sous les bras, à la moindre alerte. Se parant à l’occasion d’un petit coté bluesy. Certes plus piqué à Clapton qu’à Muddy Waters.

Et préparant un certain moi de Mai avec délice. En dépit d’un manque de moyens risible.

En vrac, les Boots et les Gypsys pour les plus connus. Découvrant l’art de cisailler les riffs dans la tôle, sur fond de basse à la Bill Wyman.

Plus tout un tas de recalés à la grande épreuve du « Guy Lux a dit ». Sorte d’horrible cérémonie, patronnée par Valium, Morphée, et une potion contre les vomissements.

Les stupéfiants Bowlers ou Pollux par exemple. Transcrivant au mieux de leurs capacités, l’exemple de leurs lointains (bien plus que la largeur de la Manche, à l’époque) maîtres. Avec un son tout prés de l’os. N’ayant eu ni le temps, ni la possibilité de devenir gras, lourd, et hargneux.

Ou encore Serge Franklin et son fabuleux Exister, rivalisant avec le LSD 25 des Five Gentlemen pour les meilleures pépites psychédéliques hexagonales jamais imaginées. Nous qui étions habitués à confondre acide lysergique et Paul Préboist.

Et Bruno Leys, dont les ruminations machistos gainsbouriennes lui vaudraient, au moins, de nos jours, de se faire crucifier par douze associations de bien pensants.

Et Nicolas Nils, adaptant le Pushing Too Hard des Seeds, en complainte prolétaire. Blême et méchante.  Cognant presque aussi fort que l’original.

Que jamais le PCF n’utilisa en hymne national . Georges Marchais Blues, pour sur. Mais Danièle Gilbert Rules for ever.

Tant d’autres à découvrir, vous l’aurez compris. Seuls les Outlaws font pale figure, avec leur titre douceâtre, tubesque en diable. Mais dans le mauvais sens du terme. Sacralisant l’emploi du gimmick bien crétin et accrocheur, en lieu et place d’une quelconque rage, noueuses de tripes.

L’ensemble se visitera plutôt comme l’arrière-cour d’une époque. Le tiroir secret d’un meuble, que toujours on nous présenta comme un objet d’abjection. Avec plein de pépites qui scintillent soudain.

Flash de magnésium.

Danser le jerk, motherfuckers.

 Laurent.

commentaires

Haut de page