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White Hills - Conscience Cosmique

par lou 16 Janvier 2010, 17:53

 

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Dernière émanation de l’increvable rock aux lance-flammes, White Hills marie les charges stoogiennes au côté spatial d’Hawkwind. Pour un résultat à décorner un auroch, puis à faire planer Stonehenge. Le tout dans la même foulée. Rencontre avec la tête pensante derrière tout ceci. Attention, ce jeune homme ignore l’usage de l’attendrisseur, dans sa musique que dans ses propos. Ça change un peu.


L : Présentation à nos lecteurs.

 

DW : Mon nom est Dave W. Je suis le seul responsable pour cette chose qui se nomme White Hills. Sur le premier album (No Game To Play), je jouais de tous les instruments. Maintenant, je tiens la guitare, le synthétiseur et je chante. Depuis, j’ai formé un groupe avec Ego Sensation (basse/vocaux) et pour l’instant Kid Millions (d’un groupe de Brooklyn nommé Oneida) à la batterie. White Hills est mon enfant, ma vision artistique.

 

L : Premier et dernier disques achetés.

 

DW : Ça c’est difficile, pas sûr que je m’en souvienne. Mais je peux vous parler des disques qui ont changé ma vie. J’avais environ dix ans, et un jour j’ai acheté Never Mind The Bollocks des Sex Pistols, Radio Appears de Radio Birdman et Rust Never Sleeps de Neil Young. Ces albums ont changé ma vie. Ils m’ont donné envie d’apprendre la guitare. Un de mes amis avait deux frères plus âgés. L’un était au collège, l’autre en fac, et ils écoutaient des trucs punks. On passait notre temps dans leurs disques, et un jour j’ai acheté ces trois-là. Mes derniers achats sont Immortal Life et Renihilation par Liturgy. L’autre nuit, je suis allé voir Shrinebuilder, le super groupe de Stoner. Avec Wino de St Vitus, Al Cisneros (OM Sleep) Dale Cover (Melvins) et Scott Kelly (Neurosis). Liturgy était en première partie, ils m’ont explosé la tête. C’est un groupe de black métal, un genre qui ne m’intéresse pas, d’habitude. Mais ces types avaient quelque chose de différent. Leur musique est complètement partie, avec une sortie de vibration alcoolisée. Quelque chose de différent dans son genre, très intense. Quand ils ont terminé, je suis allé directement à leur stand, pour acheter leurs deux albums. Là j’écoute Renihination. Fantastique.

 

L : Par qui étiez-vous influencé en commencent votre carrière de musicien ?

 

DW : Au tout début je citerais Neil Young et Public Image Ltd, spécialement leur second album, Metal Box. Le plus influent dans mon développement de guitariste. PIL m’a fait considérer l’instrument d’une autre façon. Quand on en vient à la musique, je suis une véritable éponge, j’absorbe tout. On peut dire que je suis la somme de tout ce que j’ai entendu dans ma vie.

 

L : Parlez-nous de ce groupe anglais nommé The Heads, dont vous semblez très proche.

 

DW : Ils sont de Bristol, et là depuis un bon moment déjà. Une bande de mecs bien. On a enregistré un disque ensemble, sorti sur Rocket Recordings plus tôt dans l’année.  À mon sens, c’est un des meilleurs groupes actuels. Ils se foutent des modes, font leur truc et le font si bien.

 

L : Comment êtes-vous entré en contact avec Julian Cope ? Etait ce une bonne (étrange ?) expérience ?

 

DW : Je suis fan de Julian depuis longtemps. Quand j’ai enregistré ce qui allait devenir le premier album de White Hills, je sentais que si quelqu’un pouvait m’aider, c’était lui. Donc, je lui ai envoyé une copie. À ce moment-là, White Hills n’était que moi, un projet pour satisfaire mon amour du rock spatial. Julian  a aimé ce qu’il a entendu, et m’a demandé si j’étais intéressé par une sortie sur son label Fuck Off & Di. J’ai sauté sur l’occasion, et White Hills est né de là.  L’expérience était géante. Julian est une personne incroyable, avec une vision peu commune. Jamais je ne le remercierai assez pour son aide. La partie la plus étrange de l’aventure fut de lui parler au téléphone, la première fois. Je me disais « Mec, tu discutes avec ce putain de Julian Cope ».  J’ai vénéré l’homme et sa musique pendant des années, et maintenant j’ai une conversation avec lui, d’égal à égal, pas juste en tant que fan. J’en avais la tête explosée.

 

L : Quelle est votre opinion sur le téléchargement ? Que faudrait-il pour que White Hills signe sur une grosse major ? Pensez-vous qu’elles vont au suicide ?



DW : Que voulez-vous faire contre le téléchargement ? Les gens ont toujours partagé de la musique, et le feront toujours. L’industrie musicale pensait que les cassettes allaient la ruiner, et c’est faux. Une des meilleures choses pour découvrir un groupe, c’est le bouche à oreille. Le téléchargement a ce rôle. Quelqu’un pense assez de bien d’un disque, pour en faire des copies. De là, vous espérez que ceux qui vont écouter deviendront fans, viendront vous voir jouer, et achèteront éventuellement vos disques. Les grosses maisons de disques font tout pour se tirer dans le pied. Le prix des disques est seulement une de leurs erreurs. La musique est un art pour moi, pas une commodité. Je veux dire, a-t-on vraiment encore besoin d’un lot de rééditions des Beatles, des Rolling Stones ou de Led Zeppelin ? Les nouveaux artistes signés sont vendus comme des trucs jetables, comme de la bouffe surgelée. Il n’y a rien pour vous nourrir, c’est vide. Un petit tour, et on en parle plus, sitôt mâché sitôt chié. Plus de gaspillages que la terre n’en peut digérer. Signer avec ces gens, ne me vient même pas à l’idée. Ce que je fais n’est pas ce qu’une grosse boîte imagine pour un artiste. White Hills est trop vrai, trop pur. Pas calculé et emballé pour consommation de masse.

 

L : Qui sont les nouveaux groupes intéressants pour vous ? La rébellion dans le rock existe-t-elle toujours ?

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DW : Les nouveaux groupes que j’écoute... Il y aurait un livre à écrire là-dessus. Tant de bonne musique arrive en ce moment. Je suis toujours stupéfait par la survie de l’underground.  D’année en année, c’est de plus en plus grand. Récemment, je me suis intéressé à Aqua Nebula Oscillator, Serpentina Satelite, Eternal Tapestry, Wowenhand, Mydriasi, Aluk Todolo, Mondo Drag, Der Blutharsch, et la liste est infinie. Il a une telle quantité de bons trucs, juste à prendre le train et à chercher. C’est un des meilleurs côtés de Myspace, vous pouvez passer votre temps à chercher et à trouver de bons nouveaux groupes, de tous les horizons. Le rock est immortel, chaque génération aura ses rebelles. Il y a quelque chose de très primaire dans la musique puissante. La technologie avance, mais basiquement nous sommes seulement des animaux, qui fonctionnent à l’instant. Et l’un d’eux est de répondre à une urgence basique, reçue à travers n'importe quelle forme de musique. Chacun réagit à la musique qu’il aime, au niveau des tripes. Parce que ça enflamme quelque chose qui vous parle. 

 

L : Quelle est votre opinion sur Obama ? Qu'est-ce qui peut sauver le monde de cette bouse économique ?

 

DW : Obama a de bonnes intentions. Mais il reste un politicien. Ils sont tous les mêmes, sous n’importe quelle étiquette. Ils servent les intérêts de ceux qui ont du pouvoir et de l’argent. Les masses sont laissées dans la poussière, à payer les pots cassés. La seule façon d’en sortir est de détruire le système capitaliste, et de tout reconstruire. Se débarrasser des bâtards capitalistes qui sèment la merde, et vous la verrez disparaître. Mettez des politiques qui feront tout pour que tout ça n’arrive plus, et ça marchera. On ne peut pas regarder Obama comme celui qui réglera le problème. Il est juste un des rouages du système qui a déraillé. Nous les gens, les masses, avons notre mot à dire. Nous devrions être ceux qui vont tout foutre en l’air, et se débarrasser des parasites qui accaparent notre misérable argent. Pendant qu’ils s’enrichissent, et que les gens crèvent.

 

L : Sur votre site, j’ai vu que vous aviez tourné en Europe, cette année. Comment était-ce ?

 

DW : Oui, nous avons joué chez vous en Avril et Mai. C’était super, comme toujours en Europe. Ce qui explique que nous soyons venus deux fois par ans, dans les trois dernières années. C’est chaque fois meilleure.  On revient en Février/Mars 2010, avec nos copains du label Pontiak. Nous jouerons en France, Angleterre, Belgique, Suisse, Hollande, Suède, Allemagne, Autriche, Italie, Slovénie, Croatie, et en république Tchèque.

 

L : Et le futur ?

 

DW : Continuer à faire notre truc, toujours évoluer. On verra bien comment les choses prendront forme. Je vois White Hills comme une pièce d’art conceptuel, qui s’adapte à la forme du moment donné.

 

Laurent

 

 

Myspace

 

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