Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Néo Psyché : Beggars Farm - Coooool

par lou 11 Juin 2013, 10:15

C'est une tombe, au cimetière des Illusion Perdues.  Sur la plaque, on peut lire «Aux Pink Fairies.  pour toujours». Un peu spécial ce caveau, d'ailleurs. Ça grouille là dedans, et pas du fantôme triste et compassé. Oh man, on a  le cerveau en bouillie, les réflexes d'une courgette, mais qu'est ce qu'on se l'est donné. Dommage que la relève ait été si mal assuré. Soyons juste, autant de came aurait tué n'importe qui d'autre. N’empêche, on cherche toujours le successeur de Neverneverland. Cette façon de faire hurler la sono cosmique, tout en fumant des joints gros comme ça. Cette constante à ricaner, en attendant que les flics interrompent le concert gratuit. La conscience ailleurs (forcément ailleurs) entre deux planètes gazeuses. Notre chasse inlassable aux OPNIS (Objets Planants Non Identifiés) ayant encore ramené une belle pièce, un foutu panard céleste se dessine assez bien.

 

Le groupe, Beggars Farm. L'album, The Depth Of A Dream. La profondeur d'un rêve. Jolie néologisme de l'inaccessible. L'année, 1984. Souvenez vous, et vomissez en repensant à Duran Duran. Pour sortir le disque le  plus défoncé depuis l'invention du marteau piqueur, pendant ces douze mois la, il fallait être....grave. Pire, inconscient des réalités du marché du divertissement. Fuck it man. Ce sera donc un pressage privé (bien réédité, par miracle). Mais bon, sur White Rabbit Records. Voyez le plan. Ah, j'ajoute que les trois gonzes venaient de l'Ile De Wight. Un lieu  où la mémoire est chevelue, à jamais.  Niveau référence, nous voilà complets. Les deux premiers morceaux ont parfaitement appris leur leçon. Décollage électrique et bordélique, mais bien ciblé. Les riffs, la  propulsion démente derrière, et la voix qui raconte le voyage. Totalement raides, nous avons quitté la terre. La seconde chanson parle d'un centaure et de sept étoiles. J'ignore à quel quantité de dope ils avaient droit par passager, mais ils l'ont utilisée au maximum. D'ailleurs les voilà qui coupent le moteur. Leur  solex planétaire en orbite galactique, ils sortent sur le toit du vaisseau. Et s'allongent pour une bronzette aux rayons gammas. Selon la trajectoire (et le vent solaire) ils seront de retour dans deux ou trois mille ans. En attendant, leurs préoccupations sont un peu plus ésotériques. Autant qu'acoustiques.

Perdus dans les brouillards de la défonce, ils côtoient un jardin magique, ou un magicien et sa licorne. Ces gens ont aussi beaucoup écouté Hawkwind. Et Tyrannosaurus Rex. Tout en potassant sérieusement la carte des nuages. Dites on est où la ? Aucune idée, mais c'est haut.  Vous savez nager ? Pourquoi vous voulez nager, on est en plein ciel. Confusion des genres. Tiens, voilà Syd Barrett qui passe. Les intonations, la guitare et son riff têtu, la boucle est bouclée. Le morceau (référence transparente) se nomme Piper Of Dreams. Notez comme il est souvent question de rêver, chez Beggars Farm. Dans vos songes pas d'emmerdeurs. Enfin, pas trop. A l'intérieur de sa boite crânienne, chacun devrait être libre de transporter ce qu'il veut. Bonnes idées, bonnes vibrations, révolution par les mots, un  paquet d'air frais. Et puis les questions indispensables. Qui suis je, où vais je ? Et surtout comment redescendre, sans se casser la gueule ? Et pourquoi revenir ? Pas pour la tronche des voisins. Raison de plus pour s'éclater avec un excellent album. Même la  pochette a des choses à dire. Oui comme la télé. Mais pas un tas de conneries prédigérées. La photo est une allusion directe au premier Jimi Hendrix. Et le graphisme est piqué au premier Pink Fairies. Plus pur d'intentions, vous pouvez chercher. Beggars Farm a sorti un autre album, dix ans  après. Distribué (en vinyle uniquement) sur un label italien. L'objet (beaucoup plus acoustique) se nomme Beneath The Moon Of Ilsacon. Et il est bien agréable, quoique nettement moins givré que son prédécesseur. Entre temps, le groupe s'était transformé en une vilaine citrouille. Les deux albums sous le pseudonyme de Sweet Toothe puent comme pas permis. Quel besoin d'aller se compromettre, en usinant un abominable heavy métal style années 80 (la pire cuvée du genre). Une grosse remontée d'acide, certainement. Laissez tomber cette daube, et concentrez vous sur Beggars Farm. Les galaxies pour seul but, c'est pas si mal comme virée.  Aucun lien d'écoute sur le net, un vrai scandale.

Laurent

Néo Psyché : Beggars Farm - Coooool

commentaires

Haut de page