Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

The Artwoods / Deep Purple - Trahison Génétique

par lou 10 Juin 2013, 09:32

La mort de Jon Lord (Juillet 2012) est passé bien inaperçue, dans le microcosme socio-culturel qui régit nos goûts. Véritable mafia médiatique, avec toujours en fond la promotion, cette dictature institutionnelle qui vit au jour le jour. Monstre sans aucune émotion, chargé de sacraliser l'instant dans ce qu'il a de plus rentable. Alors l'ancien clavier de Deep Purple, rien à battre. Tout juste quelques lignes au compte-goutte sur Claude Nobs. Pas un pour rappeler la genèse de Smoke On The Water. La culture basique se perd dans la vacuité du tout people.  Ceci dit, Lord ne s'était  pas signalé (à l'inverse de son camarade Blackmore) par son sale caractère. Apparemment incapable d’être imbuvable avec un journaliste, ou de foutre le feu à une scène. Dans le DVD consacré à l'enregistrement de Machine Head, notre magicien de l'orgue Hammond s'imposait (avec Glover) comme le plus sympathique de la bande. Deep Purple n'a jamais été ma tasse de thé, cependant. Leur Hey Joe (hormis la redoutable intro) s'en sortait à peu prés bien, surtout  pour la chouette voix de Rod Evans. C'est tout ce que je retiens de la première période. In Rock était  plus que surestimé,  classant ses auteurs troisième dans la compétition avec Led Zep et Black Sabbath. La suite fut souvent rabâchage (ne pas tuer la boutique tant qu'elle rapporte gros) et inintéressante. Voire limite du foutage de gueule.  A mon avis, si on en pardonne beaucoup à Jon Lord (mais toujours pas son épouvantable massacre de Space Truckin, sur Made In Japan) c'est tout simplement qu'il avait fait partie des Artwoods.

Le genre de groupe qui rassemble à peu prés l'unanimité en sa faveur. Seul un grossier pourrait en dire du mal. Et en argumentant serré. Dandys fauchés (sans rien du débraillé freakbeat) les Artwoods sonnaient  jazzy et soul. Mais VRAIMENT, pas en piquant un ou deux plans, et en les resservant à toutes les sauces. Du genre qu'on ECOUTE avant tout. Sans comprendre pourquoi on accroche autant. Chansons resserrées et nerveuses, sur une rythmique rigoureuse.  Des mélodies  toujours, les démonstrations individuelles strictement définies, tel était l'ordinaire du groupe. Avec bien sûr les belles parties de clavier. L'art de mouiller sa chemise, sans en avoir l'air. Version anglaise des pépites de Booker T, ni balourde ni nunuche. Pas évident du tout. Le combo a duré le temps d'un  superbe album (Art Gallery, 1966) et comprenait le grand frère de Ron Wood (Arthur) au chant, ainsi que Keef Hartley. Succès ? Aucun. Même au rayon de la nostalgie, celui qui permet parfois d'entendre encore Ronnie Bird ou les Yardbirds à la radio, la porte est fermé. Absence d'un hit marquant. Un seul aurait suffi. Réduits à accompagner une  ringarde comme Petula Clark, leur destin fut vite scellé. Il a fallu attendre la grande vague de rééditions des années quatre vingt, pour que justice leur soit  (un minimum) rendue. Art Gallery (pièce de collection dans son pressage d'origine) et la compilation Singles A's & B's sont des indispensables de la discographie sixties bien tenue et crédible. A l'égal des Action, Creation, Timebox ( autre oubli tragique de l'Histoire) ou  VIP's.  Les disques qui vieillissent bien.

 

Mais en 1983/84 ce qui passionnait les foules c'était encore un gros coup de pognon. La résurrection de Deep Purple faisait pencher, définitivement, la balance du mauvais coté. Et donnait (à certains malfaisants) l'occasion de revisiter toutes les maléfiques graines semées par le groupe. Frime gratuite, mauvais goût permanent, vacuité jamais très loin. Des  atrocités sonores comme Dream Theatre  ou Saga ont bâti toute leur carrière sur la pompe, la prétention, et la virtuosité creuse. Sorte de mixture gluante, ultra technique, si loin de la simplicité réjouissante des Artwoods.  Et chez les descendants de Deep Purple, les mauvais sont les premiers servis. On serait bien en peine de trouver UNE trace de finesse  chez les anglais de Pinnacle, par exemple. Assassin (1974) est déjà desservi par un des pires vocalistes jamais entendus. On  a connu des brosses à carrelages moins agaçantes. Suraigu et sans nuances, le blaireau braille façon belette en chaleur. Ensuite, le groupe risque sans arrêt le procès pour plagiat. Et aurait pu intituler son disque Machine In Rock, sans problèmes. Voire leur Time Slips By, pour bien considérer l'ampleur du désastre. Autant vouloir discuter philosophie avec le commandant Sylvestre. A part la castagne, nulle trace d'expression.    


Les écossais de Bodkin (un seul et extrêmement rare album en 1972) sont infiniment moins nuisibles. Un énorme son de clavier ouvre la route d'un habile heavy progressif. Mais la faiblesse des autres musiciens (le guitariste surtout) ne permet pas à des morceaux trop longs d'exprimer pleinement leur potentiel. Pire, sous l’assaut sonique, pointe vite le redoutable complexe néo-classique. Un moment agréable à passer, tout de même. Et c'est du coté des américains d'Alamo (album éponyme de 1971) que viendra le salut. Leur hard rock bluesy présente d'entrée  une belle teinte Pourpre. Sans tomber dans la resucée à courte vue. Compositions carrées, pas de temps à perdre.  Le chanteur est couillu, avec ses vocaux à la David Coverdale. Yeah baby, la vie m'en a mis plein la gueule, vises un peu mes cicatrices. Surtout la grosse dans mon futal râpé. Si ces gens avaient composé un  petit peu mieux, on tenait là un très grand disque. Au lieu de ça, la virée proposée n'est que chaleureuse. Pas suffisant en ce début de décennie 1970. Les Artwoods étaient morts depuis longtemps, de toute façon. Avalés, digérés, et attendant la régurgitation, pour le bénéfice des génération futures. Curiosité, on trouve (sur certaines compilations du label Immediate) les trois morceaux (1967) du Santa Barbara Machine Head. Projet éphémère, ou l'association de Jon Lord, Ron Wood, Twink et Kim Gardner (Creation). Les embryons ici proposés indiquent, clairement, la forme des choses à venir. Et le sens d'un vent plus porteur. Déjà moins demandeur  de cohérence à déguster dans un club enfumé que d'exploits individuels. Tant pis pour la version définitive de Boots Are Made For Walking, propulsée par des Artwoods qui avaient dû rencontrer la sanctification en chemin.  Eux que personne n'a jamais pu imiter (jamais su ?).

Laurent

 

The Artwoods / Deep Purple - Trahison Génétique

commentaires

othall 01/08/2013 15:59

OK pour les Artwoods, on en dira jamais assez de bien.
Mais pour critiquer le Pinnacle, il faut l'écouter au moins une fois.
Chanteur suraigu? Je rêve. Que dire alors de Plant!!!
Et le groupe n'a rien à voir avec Deep Purple. Plutôt un mélange de Hawkwind, du début de NWOBHM, Motorhead et les Pink Fairies.
Jamais de démonstration, rien mais absolument rien à voir avec Saga ou Dream Theatre.
Parce que Time Slips By serait un plagiat de quoi?
Pour le coup de pognon, sur un petit label comme ça, c'est un peu raté.
Pour info, le titre de l'album est "Assasin".
Je ne sais si c'est une erreur car le premier titre s'appelle aussi "Assasin" et que le mot est reproduit 17 fois autour du visage sur le recto.
Par contre c'est assassin sur le label.
A réécouter donc ;-)

Haut de page