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ROCK UNDERGROUND
GNOD / White Hills
Kit de Survie en Milieu Urbain |
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Longs moments hypnotiques/hypnotisants. Les synthés de Shazzula (de nos bons copains d'Aqua Nebula Oscillator) clignent en balises d'une route cosmique, bleue tout du long. Mais solide. Nous confisquons votre conscience pour un moment. La rythmique joue du marteau pilon, avec les nuages en guise de sono. J'aime ces disques qui n'ont besoin d'aucun prétexte, juste là pour vous attraper et vous faire planer. Ah, l'horizon se noircit, on va passer sous l'orage ? Au-dessus. Avec les fenêtres ouvertes. C'est pas grave, rien n'est grave quand on va aussi vite. Une petite réminiscence des Stooges ? Accords féroces, qui assomment la gravitation. Tout le foutu cosmos en résonne, c'est l'heure d'ouvrir le toit. Et de penser avec quel facilité White Hills nous balance tout ça. D'une main, sans forcer. Un minimum de parties vocales, juste de quoi représenter toute la paranoïa ambiante. Et la dominer. Point minuscule sur l'observatoire du mont Palomar (Californie) notre hyperbole nous aura permis de vérifier si les constellations sont bien en place. Par contre, le pilote étant sous acide, la rentrée sur le tarmac risque de secouer. Reprendre contact que ça s'appelle. Long piège crépitant, l'incendie des réacteurs se voit de loin. L'ultime morceau donne l'impression de se faire avaler. Par quelque chose pourvu de grandes dents. Lutte épique pour casser les mâchoires maudites. On s'en sort tout juste. Et attendez, la crise de rire c'est que l'album avec Gnod (expérimentateurs anglais, bien allumés) arrive dans la foulée. Les secours peuvent toujours nous chercher en bas. Principe des vases communicants, revu et corrigé par les Cosmic Jokers. Au moment où je tape, des savants viennent d'établir qu'une molécule (sic) allait plus vite que la lumière. Excusez-moi, mais on savait déjà. Depuis qu'on a jeté une oreille sur Gnod Drop Out With White Hills II. Cette belle blague. Vous connaissez vos classiques, les doubles albums sont (trop) souvent des marches forcées. Toujours un caillou pour se glisser dans vos baskets. Voire parfois un dolmen. Ici, c'est départ d'un point A et arrivée à Z, dans une usine de miroirs. Rien d'autre. L'abnégation faite disques. Tout pour l'auditeur. Chouchouté qu'il est, dorloté grand style. Les oreilles, le système céphalo rachidien, les zygomatiques, tout. Et le dos. Important le dos. Pour faciliter vos déplacements, vous graviterez assis. L’anode et la cathode enfin réconciliés. Attention, c'est pas non plus le concours du plus beau tarpé de babaville. On sent une énergie féroce derrière, du nerf partout. Structure d'acier dans un gant de velours. Rien ne se perd, et tout peut encore se créer. Gigantesque.
Laurent. |
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