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Dossier Crypto : le label

par lou 13 Janvier 2011, 08:54

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S’investir dans un dossier sur le label Crypto, c’est obligatoirement passer par la case de son fondateur, Jean Claude Pognant. Activiste Pop dès la fin des années 60, JC Pognant fut tour à tour manager, tourneur, organisateur de festival, critique rock, mais avant tout fan de musique pop. Celui qui incita Ange à monter à Paname pour se produire au Golf Drouot porte en lui toute une histoire du rock français. La démerde, l’engagement, la passion, l’investissement, toute ses vertus pour contrer l’establishment français de la substance Yéyé. Jusqu’à la consécration ultime lorsqu’il prit la décision de monter son propre label et de faire la nique aux rapaces parisiens. Crypto, qui fut distribué un temps par le Label Eurodisc via sa filiale Arcane, fait parti de ses labels indépendants qui ont permis la diffusion de la pop music à travers les contrées d’une France encore bien conditionnée. Il n’y a qu’à se plonger dans le catalogue du label, qui, de 1975 aux débuts des années 80, est incroyablement riche et diversifié, en plus d’une production savante et sérieuse. Du folk de Tangerine au Hard rock des Ganafoul, en passant par le rock progressif de Mona Lisa ou de Wapassou, plongée dans une époque où tout paraissait encore possible…

 

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Jean Claude Pognant en compagnie de Gene Vincent


Jean Claude Pognant se fait connaître dans un premier temps en tant que fondateur et rédacteur de l’une des toutes premières revues de rock en France, le Rock&Roll Actualité dès l’année 67, qui lui permet de rentrer en contact avec certaines étoiles du Rock&Roll comme Gene Vincent qu’il parviendra à faire venir en France à la fin des sixties. Ces contacts, et sa passion aidant, le voient soutenir tous es projets ayant un rapport avec la pop. Il s’occupera ainsi des Iris, deviendra manager officiel d’Ange dès Mars 1970, et organisera nombre de concerts. Il s’engage ainsi dans l’organisation du festival français de Pop Music de Seloncourt en 71, qui voit passer dans une grange désaffectée au fin fond du trou du cul du monde, pendant deux jours, des artistes comme Warhorse, Stray ou encore les anglais de Bachdenkel. Des belges sont de la partie, comme les Jenghiz Khan et Kleptomania, alors que du coté français on retrouve évidemment Ange, mais également Gong. Clou du festival, Pognant parvient à débaucher Robert Wyatt et Pete Brown, qui seront alors les grands animateurs de ce festival (avec à la clef un bœuf monstrueux entre Kevin Ayers, Robert Wyatt, Daevid Allen et Pete Brown !).

Jean Noël Coghe, journaliste de Pop Music, dans son compte rendu du 23/09/71 : « Le quatrième festival de Seloncourt (dans le Doubs) organisé par Jean-Claude Pognant est programmé par l’agence Centuryà Bruxelles. Deux concerts sur deux jours. Dans une vieille et immense salle située dans le centre de Seloncourt, dans un bled qui ne figure sur aucune carte. Deux mille personnes entassées, assises sur le béton ; un public excellent venu uniquement pour écouter de la musique. Un service d’ordre impeccable. Ce festival était une réunion d'amis organisée  par des connaisseurs, des gens qui aiment ça.

Le programme a pourtant subi un sérieux remaniement et ce, jusqu’à la dernière minute. En effet, Mitch Mitchell s'excusa et ne vint pas, tout comme Rory Gallagher à cause d'une sombre histoire de contrat. Mais Pete Brownet Robert Wyattfurent les présentateurs improvisés de ces deux jours. Seloncourt a été un succès lourd de significations car, pour la première fois, il y a eu en France une manifestation pop réussie sans les tristes clichés auxquels nous avons été habitués ces derniers mois. Seloncourt a été monté par des provinciaux, en province sans l'aide du métier parisien. C'est une forme de décentralisation que l'on n'espérait plus. François Jouffa a toujours soutenu que le phénomène pop éclaterait un jour en France, en Province et c'est en train de se réaliser. » (Source http://www.memoire60-70.be).

Tout un symbole. Là où les festivals parisiens et autres projets mégalos se cassent la gueule face à la contestation gauchiste importante en France, mais également et surtout face à des pouvoirs publics frileux, Pognant parvient à démontrer que la pop music a sa place sur nos terres. De 71 à 74, alors qu’Ange devient le tout premier groupe de pop français en France en terme de popularité, Pognant ne cesse de produire des artistes, pour la plupart français, donnant ainsi une chance incommensurable pour ces derniers de s’exprimer. Et c’est donc tout naturellement qu’il part fonder son propre label en 75 à Belfort, bien loin des ponces parisiens, avec un magnifique design quant au label, scorpion s’extirpant d’une guitare. Histoire que l’on résumera à notre façon, tant peu d’infos circulent sur ce gigantesque bonhomme, qui nous a malheureusement quitté depuis, à travers une dizaine de chroniques de son label Crypto qui vit la consécration de Little Bob Story, Ganafoul, Mona Lisa, Wapassou et bien d’autres…

Lou.

commentaires

lou 21/12/2012 19:14

C'est avec plaisir, votre père mérite bien cet hommage!

david pognant-gros 21/12/2012 09:16

bonjour
très belle article sur mon père merci

colin jean rene 23/11/2011 10:32

Marrant tous ces articles sur J-Clade Pognant..personne ne sait qu'il a "choisi" de partir il y a de nombreuses années..

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