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Dossier Crypto : Les Chroniques de disque

par lou 13 Janvier 2011, 09:07

http://2.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TS6wW4hSAzI/AAAAAAAABGk/p0Oi_-8CH3E/s400/339454.jpgChroniques de disque

Wapassou – Salammbô (1978)

http://3.bp.blogspot.com/_E2uWeSxRO60/SfIXTt4MC1I/AAAAAAAAAWs/ABu5utFIwtc/s400/salammbo.jpgTroisième album du groupe, originaire de Strasbourg, Salammbô se veut une œuvre musicale inspirée d’un roman historique de Flaubert, à la fois sensuel et d’une violence exacerbée d’un monde oriental si peu connu. Le résultat qui s’affiche le long des deux longues pièces musicales démontre une musique totalement originale empreinte de classicisme et d’influence pop, terriblement belle, voyageuse et rêveuse d’une idyllique utopie historique. Sans section rythmique mais bardé du triptyque qui fait la particularité de ces alsaciens, guitare/Violon/Claviers, Salammbô invite l’auditeur à un long voyage cosmique, peaufinant des atmosphères mélancoliques et bucoliques, teinté de sensations orientalisantes et désireux de parfaire la noirceur du thème via la magnificence de ces thèmes musicaux. Une œuvre originale et atypique qui colle à la perfection à ce que ressentait Gustave Flaubert en écrivant son roman, procurant des « angoisses qui me ballotent comme un océan d’immondices » (phrase que l’on retrouve au dos de la pochette de l’album).

Lou

 

Mona Lisa – Grimaces ( Arcane/Crypto 1975)

http://www.progarchives.com/progressive_rock_discography_covers/249/cover_924191112010.jpgSorti sur Arcane sous licence Crypto, ce second opus des Orléanais creuse les sillons d’un rock symphonique théâtral, piochant autant dans la gestuelle vocale d’un Christian Descamps que dans les structures harmoniques alambiquées du rock progressif anglais (Genesis, Yes). Musicalement, le groupe mêle ces influences anglaises au folklore franchouillard pour en ressortir une alchimie quasi magique, lyrique, d’un folk rock qui prend ses sources dans les légendes de nos contrées provinciales. Une démarche à l’identique du groupe de Belfort, Ange, qui font de ces troubadours des temps modernes une démarche singulière et populiste, une vision de la pop music à la française. De leur interprétation énergique de La Mauvaise Réputation de Brassens, en passant par les récits théâtraux de leurs compositions, sur fond de guitare fuzz et de claviers lancinants, parsemées de délicieuses initiations médiévales à la flûte ou au sax, plongées dans un monde où se confrontent théâtre de rue et pop music !

Lou

 

 Ocean - God’s clown (1977)
http://www.fglmusic.com/images/catalogue/produits/fiches/123-9801.jpgDu groupe Océan, je ne connaissais que les albums hard 80's que j'écoutais en boucle avec Trust, AC/DC etc… pendant ma période d'adolescent rebelle.... Trente ans plus tard, étant revenu aux vinyles, lors d'une bourse aux disques, sur le mur derrière un vendeur j'aperçois un LP avec une très belle pochette colorée d'un groupe nommé Ocean et, qui plus est, sorti sur un label qui m'est familier : Crypto. Après interrogation du vendeur, il me confirme que c'est le même groupe qui a bercé mes jeunes années... hop dans la besace. De retour à la maison, je pose le disque sur la platine et là je découvre un album totalement différent de ce que je connaissais. Tout d'abord, sur cet album sorti en 1977, Robert Belmonte, contrairement aux albums suivant, chante en anglais. Sa voix puissante n'est pas sans rappeler un certain Robert Plant, voire...Daniel Balavoine ! Les riffs de guitares inspirés de Georges Bodossian donnent une couleur hard rock à cet album qui sonne bien progressif. La basse de Noël Alberola et la batterie de Bernard Leroy viennent parfaire l'ensemble. Les 8 compositions, certes complexes, s'enchainent bien. Comme le disaient les magazines spécialisés de l'époque, c'est un mix entre Led Zeppelin et King Crimson ! Et ce qui surprend surtout, c'est le gros son de la production pour l'époque. En effet, l'album sorti en 1977 sur le petit label Crypto (ZAL 6416) et qui aurait été seulement tiré à 3000 exemplaires, sonne vraiment "moderne" et est "moins daté" que certains disques sortis à la même époque. Pour résumer, voici un album qui revient régulièrement sur la platine et qui est dans mon top 10 des albums français des 70's !

Boosty

 

http://4.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TTqUf5mYO7I/AAAAAAAABHU/CLa-dYAZ-F0/s1600/382664.jpgJean Michel Brézovar - Rue du Salbert (1978)

Sorti en 1978, Rue du Salbert est l'unique album solo du guitariste Jean-Michel Brézovar, en rupture avec le groupe Ange, après la sortie de l'album Par les fils de Mandrin. A mille lieues de l'atmosphère moyenâgeuse et lyriques du «prog», très «british», de Ange, Brézovar produit là 9 ballades folk-rock, aux styles variés et aux influences californiennes. Bien soutenu à la batterie par Gwennolé Biger (batteur de Ange sur Émile Jacotey) par Patrice Dalstein à la basse et Thierry Sauvage au piano, Brézovar déroule son jeu et son talent de guitariste dans un genre étonnamment différent de celui où il s'était exercé précédemment. Un disque pas vraiment révolutionnaire, mais assez jouissif. Réédité sur Spalax, mais le vinyle est du genre trouvable; au détours d'un carton, adoptez le !

Pticon


Cortex - Pourquoi (1978)

http://www.dustygroove.com/images/products/c/cortex~~~~~_pourquoi~_101b.jpgGroupe français de jazz funk composé autour du duo Alain Mion au clavier et Alain Gandolfi à la batterie, Cortex a produit 3 albums plus un d'inédits, paru récemment en CD. Pourquoiest le 3ème album, sorti chez Crypto en 1978. A moins d'être fanatique du disco ou masochiste, passez votre chemin. Au milieu d'une soupe disco-funk, ne surnagent que çà et là quelques rares fulgurances de piano Fender Rhodes. Très loin de la magie du premier album de Cortex, Troupeau bleu, une merveille qui résiste à la comparaison avec les mythiques Headhunters ou Return to forever. Quoi, c'est pas sorti chez Crypto tout ça ? Merde !

Si vous trouvez un exemplaire original de cet album, ne le jetez pas quand même, il y a des amateurs. Réédité chez Trad Vibe records en cd et en LP en 2010.

Pticon

 

 

Atlantide – Atlantide (1976)http://www.popsike.com/pix/20091114/230399388679.jpg
Un bon paquet de disques sortis à cette époque ressemblent à celui là. Un bon paquet de disques sortis chez Crypto ou chez Pole aussi d’ailleurs. Une sorte de mélange audacieux de folk spatial et de prog assez heavy. Derrière cette galette bien roulée se cache (pas trop) JP Massiera, ce bon vieux JP… On retrouve d’ailleurs sur cet album Bernard Torelli et Patrick Attali déjà présents sur le premier album des Visitors l’année précédente, album également produit par JP.
Six titres qui enchaînent riffs de guitares monstrueux à la Blackmore (Atlantide), arpèges mélodieux façon Donovan (Le regard des Dieux), vocaux planants dans le plus pur style Décamps (Images), et sitar de-ci de-là comme, comme… des groupes de psyché britanniques. Allez savoir pourquoi tout le monde évoque Yes en comparaison de ce groupe météorite. Même si je veux bien reconnaître que le quatrième titre Soleil noir apporte son lot de breaks rythmiques, de grattouillis à haute célérité et de mélancolie vocale planante, le reste est franchement plus diversifié que la simple copie que certains évoquent.
Une galette fort recommandable pour amateur de prog bien torché.

Greg

 

http://2.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TTqU00leh2I/AAAAAAAABHk/Z3xrVb6FmY4/s1600/382664.jpgGanafoul - Saturday night (1977)
Si vous recherchez un disque original, passez votre chemin, il n'est pas pour vous. Par contre si vous cherchez un plaisir simple, que vous pourrez renouveler régulièrement, sautez dessus. Ganafoul n'a pas révolutionné le style boogie hard rock mais c'est un passeur. Héritiers de Rory Gallagher (il y a de pires références) ce trio accumule tous les poncifs du genre, mais ils sont tellement bien exécutés qu'on en sourit. Une guitare chaleureuse et lumineuse, un batteur bûcheron et un bassiste précis, on attend rien de plus. Et ils avaient un chanteur avec une voix chaude qui collait merveilleusement au style. Par contre, qui jouait du piano (non précisé sur la pochette)? Ganafoul est un de ces groupes qui a laissé peu de traces chez les rock critiques mais a façonné le rock français par ses incessantes tournées, à l'instar des ses collèges Trans Europe Express et Factory.

Othall


 http://1.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TTqUqdm7PcI/AAAAAAAABHc/fywKlKZJFPI/s1600/382664.jpgTangerine – De l’autre coté de la forêt (1974)
Un disque comme un hommage. Tangerine dans son premier album, c’est bon, mais c’est déjà entendu ailleurs. En Angleterre, avec Donovan, Jethro Tull ou Graham Nash et aux US avec America, ou Crosby et Stills. C’est très bon, un folk-rock bourré de superbes harmonies, d’arpèges soyeux et cristallins, de chorus chaleureux et envoûtants, mais on a l’impression d’avoir entendu tout ça déjà ! Les parties de guitares sont magnifiques, la voix de Valéry Btesh est un ravissement perpétuel, la flûte de Donahue nous enchante encore et encore, cependant la magie est un peu inopérante, pour employer une métaphore de plus, la colle ne prend pas. Ou ne prend plus ! J’avais le souvenir de cet album captivant et riche de mélodies que j’ai découvert il n’y a pas si longtemps, quatre ou cinq ans à peine. Et voilà qu’il ne me fait plus d’effet, comme une maîtresse devenue épouse qu’on a trop caressé. Les effets du temps ? De la lassitude ? Bof, je n’y crois qu’à moitié, je pense plus à l’exaltation des premiers instants qui procurent une joie démesurée et irrépressible. Un jugement faussé d’entrée et la déception contenue quand on repose les pieds sur terre, et les oreilles sur la galette… Je n’irais pas jusqu'à évoquer une déception, mais j’en attendais tellement plus quand j’ai proposé d’en faire une chronique…

Greg


http://4.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TTqQyzC0PXI/AAAAAAAABHM/9PI1fE3bDzE/s320/382664.jpgYves Hasselmann – Mécanique mentale (piano solo) – 1980
Étrangeté parmi les productions du catalogue Crypto, plus franchement orienté prog et rock, Mécanique Mentale est comme le sous-titre l’indique un album de piano solo. Quelque part entre Erik Satie et György Ligeti, cet album file son coton tout droit dans le contemporain. Évidemment, pas grand-chose à en dire de spécifique pour ma part vu que je suis ignorant en matière de piano et de contemporain, sinon qu’il détonne un peu entre Little Bob, Tangerine et Mona Lisa !! Pour l’anecdote, au début des années 70, Yves Hasselmann et son groupe Le Point (futurs Travelling, un LP chez Futura) sont sous contrat avec JC Pognant pour une tournée avec Ange et Introversion ; ils jouent à cette époque un jazz rock dans la veine de Soft Machine ou des compatriotes Moving Gelatine Plates. Quelques années plus tard, Hasselmann a quitté le groupe et enregistre avec Daniel Haas (bassiste chez Ange de 72 à77) Couleurs du temps, un album qui sort déjà chez Crypto. Intéressé par le contrat de distribution par RCA de Crypto, Hasselmann propose cet album de piano solo à JC Pognant qui lui dit Banco ! Un album prenant, dense, à réserver aux amateurs du genre peut être, ou alors aux mélomanes avertis (moi je suis bien content d’être tombé dessus un peu par hasard !). Greg


http://image.musicimport.biz/sdimages/disk17/1179708.jpgJean Claude Vincent – Lettre au passé (1977)
Non, nous n’avons pas affaire à un trio masculin, mais plutôt à un duo ; en la personne de Jean Claude Vincent se dissimule Jean Claude Pognant, fondateur et patron du label Crypto. On lui doit l’intégralité des textes de cet opus. Il est secondé par un autre acteur de la scène rock franc-comtoise en la personne de Christian Décamps qui compose la musique. On évitera donc soigneusement de noter la ressemblance frappante avec la musique de Ange…
Musicalement, on est face à une pop tour à tour chiadée (piano, guitare acoustique nian-nian) ou plus enlevée, guitares électriques, flûtes bourdonnantes, rythmique rageuse. Les interprètes sont tous des « copains » de Pognant venus supporter le boss : Btesh et Donahue de Tangerine, Garbin de Ange, David et Bergé de Carpe Diem. Malheureusement, je n’ai pas identifié Hubert de Navarre qui joue Hammond, piano, synthés et chorusse de ci de là.
Globalement, l’ambiance est sereine et plutôt enjouée, et Pognant chante à peu près juste ses paroles alambiquées et vaguement ésotériques ! Un mélange de genres entre Tangerine et Ange donc, qui manque peut être de passages forts sans toutefois être réellement ennuyeux ou creux. L’avant dernier titre « J’irai comme un cheval fou » est la pièce essentielle de l’album, le reste est plaisant.

Greg


http://www.pinkmusic.co.kr/web/product/tiny/pinkrecord_4092.jpgValéry Btesh & Pollen – Rêves cristal (1976)
Je suis ravi de l’avoir écouté après le premier Tangerine. Dans une veine proche issue du folk rock, on ressent beaucoup plus nettement l’influence de la musique américaine, de America, CSNY, du Jefferson Airplane devenu un vaisseau spatial ou même des premiers Eagles, de country rock matinée de guitare californienne ou de dobro, de congas et d’harmonica. Americana, quand tu nous tiens tu nous lâches pas !! Pollen n’est pas un groupe canadien (homonymie !), bon, ça aurait expliqué sûrement en partie le recentrage sur la cote ouest. Pourtant les patronymes des gars (Des Leprince, Phil Berthelot) y’a de quoi avoir des doutes… Si on ignore quelques passages ralentis, acoustique piano/guitare, les titres offrent franchement du rythme ; ce disque possède un groove inexistant dans le premier album de Tangerine. Mais pourquoi les comparer, sinon parce que les deux formations contemporaines l’une de l’autre abritaient Valéry Btesh ? Même si leur parenté ne laisse pas de doutes, cet album propose une musique rythmée et enlevée qui fait défaut à son illustre cousin, plus sobre et contemplatif, trop à mon goût.

greg

 

 

Pentacle - La clef des songes (1975)http://1.bp.blogspot.com/_WWIy23PK7tM/ShrCCDAsgVI/AAAAAAAAAV8/kUpFMazDgn8/s400/cover.jpg

Être originaire de Belfort, sortir sur le label du manager de Ange, produit par Christian Decamp, Pentacle avait tout pour être un clone de Ange. Et si le son du clavier nous ancre dans cette pensée à l'écoute du premier titre, l'écoute du chant nous en démarque rapidement, étant beaucoup moins théâtral. La suite de l'album nous oriente plus vers les côtés mélodiques des premiers King Crimson, par moments vers Emerson Lake and Palmer quand ils évitaient les démonstrations inutiles. L'ensemble a une teneur assez mélodique, mais sachant alterner des climats apaisés et des montées d'adrénaline avec des interventions de guitare assez torrides. La production est assez plate, mais ce qui permet de bien entendre distinctement tous les instruments et il en ressort finalement une sincérité certaine. Un album sorti en 1975 et qui marquera peu les esprits si bien que le groupe disparaitra rapidement malheureusement. La réédition CD comprend en plus trois titres live.

Othall

 

http://www.lagalette.fr/blog/images/Avril_2007/little_bob.jpgLittle Bob Story - High time (1975) / Little Bob Story - Livin in the fast lane (1976)

Robert Piazza a commencé son premier groupe les  Apachs en 1962, mais a du attendre 1976 pour sortir son premier album. Et à l'écoute de celui-ci, il est facile de comprendre pourquoi il ne faisait aucun complexe en jouant en Angleterre avec Dr Feelgood et consorts. Une rythmique imperturbable, une guitare rythmique digne de Wilco Johnson, des solis d'une précision diabolique et un Bob à l'énergie inconsummable mais aussi à l'énorme sensibilité. Ils n'avaient pas peur de s'affronter, et avec succès à des monuments tels « I'm crying » (Animals), « It's all over now » (Dylan), « All or nothing » (Small Faces) ou « Baby » (Sorrows). Les deux albums sortent respectivement en 76 et 76 et entre les 2, Crypto éditera une compilation des 45 tours et EP. Si vous cherchez une figure emblématique du rock français qui allie longévité, intégrité et sincérité, voici votre homme !

Othall

 

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