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... Ne manquait que la Marie Jane...

par lou 12 Novembre 2009, 15:42

Gong - Concert du Bataclan (04 Novembre 2009)

…Ne manquait que la Marie Jane…

 

Mercredi 04 novembre 2009. Enceinte du Bataclan. Transformé en gigantesque théière volante le temps d’un soir. Un public au départ parsemé, du jeune hippie au plus vieux, quelques costards cravates d’anciens babas ayant mal vieilli, quelques clones de Daevid Allen ici et là. Appréhension, tension dans la salle. Gong en 2009, avec sir Allen, déesse Gilli Smyth, troubadour Didier Malherbe, flamboyant Steve Hillage.

Première partie, Steve Hillage accompagné des nouveaux Gnomes. Au service de l’ancien. Public conquis d’avance. Quelques morceaux de Fish Rising qui font tanguer la foule. Sensation mitigée. La peur d’une déception majeure pointe son nez. Premier set fini. La salle se remplit. Hillage revient, accompagné immanquablement par ses jeunes Gnomes. Steve entame une ritournelle redondante, appuyé par la jeune garde, la pression monte jusqu’où… jusqu’où… un pantin déguisé en gourou allumé et délirant sort de l’ombre, dansant, sautillant, grimaçant, haranguant le public qui lui déclame une ovation majeure… Le voyage peut commencer…

Déflagration électrique soutenu par une rythmique d’enfer, textes délirants, la trilogie Teapot revisitée, vous voudrez bien un peu de camembert ?, Gilly s’extirpe de la pénombre, déesse rabougrit, mais au combien charmante, se met à chanter… cette voix… vous entourloupant à chaque résonance de sa pureté… la foule décolle littéralement, prêt pour l’embarcation immédiate, aidé en cela par un jeu de lumière sobre, mais o combien efficace.

Le décollage est délicat, Hillage assure, les jeunes Gnomes suivent le mouvement, Daevid délire tout seul pour le moment, mais une fois la théière lancée, on ne reposera plus les pieds sur terre pendant un peu plus de 2 heures. Étonnamment, ce sont les nouvelles compositions qui ont le plus d’impact. Sarko, Berlusconnard et Madoff s’en prennent plein la gueule le temps d’un punk technoide où Daevid s’époumone. Le chaos n’est pas loin. Vous voudrez bien un peu de champignon ? De marijuana ? La théière vacille, le trip musical n’est pas loin, foule médusée par le mysticisme totalement déluré d’Allen. Le groupe joue de mieux en mieux, les sonorités planantes du Bataclan de 73 me reviennent dans les oreilles, écho et effluve électriques tourbillonnant sans cesse…

Le jeu théâtral de Daevid est au summum, s’emparant du public à chaque camembert distribué, on voit le groupe sourire par tant de plaisir communicatif. Et quelle générosité dans le jeu de ses musiciens ! La théière se repose le temps d’un rappel. Dans lequel Daevid s’empare de sa gratte, et tout en glissando, nous rappelle qu’il est un formidable musicien. Why don’t you try , why don’t you try…

Rappel qui finira en déclaration d’amour, un amour intemporel pour une musique qui l’est au-delà de ce que l’on peut imaginer. Et ce Au revoir de Gilly qui résonne longuement dans l’antre du théâtre du bataclan, déchirant l’atmosphère et le free jazz de Didier Malherbe qui se répercute encore dans nos oreilles. Orgasme musical atteint, le temps de redescendre fébrilement le long d’une cigarette à la sortie… Ne manquait que notre bonne vieille Marie Jane et ces nappes de fumées délirantes…

Lou


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